
Il est vingt heures trente, la journée a été longue pour tout le monde, et votre enfant ne veut pas se coucher, encore une fois. Ce n’est pas de la provocation, vous le sentez bien, il y a autre chose derrière. Vous avez essayé de lui demander ce qui n’allait pas et vous avez eu ce que les parents obtiennent presque toujours à cet âge : un haussement d’épaules, ou un « je sais pas » sincère.
Parce qu’il ne sait pas, effectivement, ce n’est pas du tout qu’il refuse de vous le dire.
Un enfant de six ans n’a pas les mots pour expliquer qu’il a peur depuis que sa maîtresse a changé, ou depuis qu’il a entendu une conversation qu’il n’aurait pas dû entendre. Il n’a pas non plus le recul pour faire le lien entre les deux. Alors ça ressort ailleurs, et souvent au pire moment de la journée pour vous : au coucher, à table, au moment de partir à l’école.
Je suis kinésiologue au Tholonet, près d’Aix-en-Provence, et je reçois beaucoup d’enfants. C’est un domaine que je continue d’approfondir, parce qu’ils sont pour moi une source essentielle dans ce monde.
Le corps parle en premier, et il parle plus fort
Chez l’adulte, il y a un filtre, on sait ce qu’on ressent, on sait plus ou moins le nommer, et on choisit souvent de ne pas le montrer. Chez l’enfant, ce filtre n’existe pas encore, ou alors à peine.
Ce qu’il vit passe donc directement par le corps, sans détour et sans mise en forme. Un sommeil qui se dérègle, une agitation qui monte, des colères qui ne ressemblent pas à ses colères habituelles, une fatigue au réveil alors qu’il a dormi ses dix heures. Ce sont des façons de dire quelque chose, pas des problèmes à corriger.
Et je précise tout de suite, parce que c’est la question que les parents ont en tête sans toujours l’exprimer : cela ne veut pas dire qu’il se passe quelque chose de grave. La grande majorité du temps il s’agit simplement d’une période de changement que le corps encaisse à sa manière. Un déménagement, une rentrée, un petit frère qui arrive, un parent qui traverse lui-même une phase difficile.
Ce qu’est la kinésiologie, dit simplement
La kinésiologie est une approche douce qui utilise le test musculaire pour explorer les liens entre le stress, les émotions et les tensions du corps. C’est une pratique d’accompagnement au bien-être. Ce n’est ni un soin médical, ni une thérapie, ni un substitut à un suivi en cours.
Le test musculaire, c’est une légère pression exercée sur un muscle, presque toujours le bras. J’observe la réponse tonique du corps, qui varie selon ce à quoi la personne pense au moment du test. Avec un enfant, cela devient d’ailleurs très vite un jeu, ils comprennent le principe bien plus vite que les adultes et ça les amuse énormément.
C’est un indicateur qui me guide, ce n’est pas un diagnostic, et je ne cherche jamais à en faire un.
Comment se passe une séance avec un enfant
Nous échangerons ensemble au début, avec vous et avec lui, sur ce qui vous a amenés. Et l’enfant n’a pas besoin de beaucoup parler, c’est souvent un grand soulagement pour les plus réservés. Le test musculaire travaille avec le corps et pas avec le récit, il n’aura pas à raconter quoi que ce soit s’il n’en a pas envie.

Nous élaborerons ensuite un objectif, formulé avec ses mots à lui, pas avec les vôtres ni avec les miens. « Ne plus avoir peur du noir. » « Être tranquille quand maman part. » Suivant ce que le corps me donne, je mettrai en place un protocole pour rééquilibrer le physique avec l’émotionnel, avec divers outils très doux : mouvements oculaires, stimulation de points neurolymphatiques, points vasculaires, méridiens….
Vous restez présent si vous le souhaitez, et les plus jeunes le préfèrent presque toujours. À partir de huit ou neuf ans, certains apprécient d’avoir leur espace à eux, je le propose alors sans jamais l’imposer.
Une séance dure de une heure à une heure trente, mais avec un tout-petit elle sera plus courte tout simplement, parce que je m’adapte à ce que l’enfant peut donner ce jour-là et jamais l’inverse. J’ai détaillé tout cela sur ma page consacrée à la kinésiologie pour les enfants.
Ce que je ne fais pas
C’est important pour moi de le poser noir sur blanc, parce que le flou dans ce domaine dessert tout le monde.
Je ne pose aucun diagnostic, je n’identifie aucun trouble, et si j’ai le moindre doute sur quelque chose qui dépasse mon champ, je le dis et j’oriente. Je ne demande jamais d’arrêter ou de modifier un traitement, cette décision appartient au médecin de votre enfant et à personne d’autre. Et je ne remplace ni un pédiatre, ni un orthophoniste, ni un psychologue.
Si votre enfant est déjà accompagné par un professionnel de santé, poursuivez ce suivi sans rien y changer. Je viens éventuellement à côté, jamais à la place.
Trois questions que les parents me posent
À partir de quel âge ?
Il n’y a pas vraiment d’âge minimum, je reçois des tout-petits et même des bébés, en travaillant alors par l’intermédiaire du parent présent.
Mon enfant est très timide, est-ce que ça va marcher ?
Oui, et c’est même souvent plus simple, parce qu’un enfant réservé n’a rien à raconter ici, ce qui le change agréablement de tous les endroits où on lui pose des questions.
Comment lui expliquer avant de venir ?
Le plus simple est de rester très concret, en lui disant qu’il va rencontrer quelqu’un qui appuiera doucement sur son bras pour voir ce que son corps a envie de dire, et que cela ne fait pas mal du tout. Évitez en revanche de lui annoncer qu’on va régler un problème, cela met une pression dont il n’a aucun besoin, et les enfants arrivent bien plus détendus quand on leur présente la séance comme un moment pour eux plutôt que comme une réparation.
Faut-il en parler à notre médecin ?
Je vous y encourage franchement. Une approche complémentaire se pratique d’autant mieux que tout le monde est au courant.
Pour finir
Ce que les parents me rapportent le plus souvent, ce n’est pas un changement spectaculaire. C’est plutôt : « il se couche sans qu’on ait à négocier ». C’est le sommeil qui bouge en premier, très régulièrement, avant même qu’on fasse le lien avec la séance.
Et si vous en ressentez le besoin, je reçois au cabinet, au Tholonet, où nous prendrons le temps de regarder ensemble ce qui vous amène, vous et lui.
Les enfants ont cette capacité à relâcher très vite ce qu’ils portent, pour peu qu’on leur laisse un endroit où le faire.
Elodie Loubaud est kinésiologue certifiée. Elle reçoit les enfants, les adolescents et les adultes au cabinet Quintessence, 203 Av. Paul Jullien, 13100 Le Tholonet, à quelques minutes d’Aix-en-Provence. Elle accueille avec bienveillance, sans jugement et avec tolérance. Séance de 1h à 1h30, 70 €. La kinésiologie ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou un suivi psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.
Le 30 juillet 2026, par David dans Le monde est bio
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